Je suis en couple avec une femme. Elle ne sait pas tout. Ce n’est pas quelque chose que j’assume à 100 %. Chez moi, quand je suis seul, j’aime déjà me travestir. Je le fais en cachette. C’est un plaisir intime, un petit secret que je garde pour moi. Rien de public, rien de partagé.
Un ami à moi est au courant. Il est gay, on se connaît bien, et je lui ai déjà parlé de ce fantasme, de cette envie que je n’osais pas vraiment vivre. Un jour, il m’a proposé de venir avec lui à Paris pour l’anniversaire d’un ami, dans un groupe LGBT. Il y aurait des gays, mais aussi des travestis. Quand il m’a dit ça, j’ai tout de suite pensé à une chose : peut-être que ce serait l’occasion de franchir le cap.
Paris, ce n’est pas ma ville. Beaucoup moins de risques d’être reconnu. Et puis Paris, c’est grand, ouvert, varié. L’idée a commencé à me travailler. J’avais peur, bien sûr. Mais l’envie était plus forte. J’ai accepté.
Au début, j’étais tendu. Très. Me préparer, choisir une tenue, sortir de l’appartement… chaque étape me faisait flipper. J’avais choisi une tenue assez sexy, peut-être même un peu trop. J’avais peur des regards, peur de me sentir ridicule, peur de regretter. Et puis on est sortis.
Au fil du temps, quelque chose s’est détendu. Les premières minutes dans la rue ont été les plus dures. Les regards, je les sentais. Certains surpris, d’autres curieux. Mais pas agressifs. Et surtout, plus le temps passait, plus je me sentais à l’aise. À l’intérieur, ça se transformait. La peur laissait place à autre chose.
J’ai commencé à ressentir du plaisir. Un vrai plaisir. Être dehors, en femme, assumer ma tenue, sentir que j’existais comme ça. Les regards devenaient presque flatteurs. J’aimais être vu. Désiré, parfois. Pas comme un objet, mais comme une femme qui assume ce qu’elle montre. Et cette sensation-là, je l’ai adorée.
La soirée s’est super bien passée. Je me sentais bien, léger, vivant. Mon ami était là, rassurant, complice. Je savais que j’étais à ma place. Et surtout, je n’avais aucune envie d’aller plus loin. Pas de sexe. Pas de passage à l’acte. Ce que je vivais là me suffisait largement.
En rentrant, je me suis rendu compte d’une chose. Ce que j’aime, ce n’est pas coucher. C’est cette excitation-là. Le trac, le regard des autres, le fait d’assumer, de me sentir désiré en femme. J’ai même peur que passer à l’acte me fasse perdre ça. Que ça casse quelque chose.
Aujourd’hui, une seule chose me traverse la tête : recommencer. Revivre cette sensation. Sortir à nouveau. Ressentir ce mélange de peur et de plaisir. Mais sans aller plus loin. Comme ça. Juste comme ça.
*Ce récit est une fiction inspirée de nombreuses expériences partagées sur notre plateforme.*